10 - Hue, Phong Nha, Hanoi, Ha Long, Sa Pa

Nous voila enfin sortis du Vietnam! 
Apres Hué et son patrimoine impérial, et où on a failli perdre la moto pour la 58ème fois à cause de garagistes véreux, nous avons continué notre bonhomme de chemin vers les magnifiques montagnes de Phong Nha. 
Cet arrêt fut aussi beau que difficile à encaisser. Ou nous avait pourtant prévenus, plus tu montes, plus les Viets se foutent de ta gueule. On s’était dit qu’ils étaient tellement adorables dans le sud que ça ne devait pas être si terrible mais pourtant! On avait bien commencé à sentir qu’on se faisait avoir par-ci par-là au niveau des prix.

Arrivés a Phong Nha, la guesthouse où l’on avait prévu d’aller est pleine. On apprend que c’est la semaine de vacances des Viets et que pour se loger ça va être compliqué. Effectivement, tous les prix sont multipliés par 3 ou bien on nous refuse tout simplement à la réception (même quand l’hôtel est vide et qu’on nous avait dit oui 10 minutes avant). Une dame nous voit passer devant chez elle et comprenant que l’on cherche un toit, nous fait signe de venir vers elle. Ce qu’elle fait passer pour un hôtel est en fait une maison de passe-karaoké! Oui oui tu peux louer une piaule avec un lecteur DVD et un micro! La chambre qu’on nous propose n’a probablement pas été lavée depuis 2 mois au vu de la quantité d’insectes morts sur la couche de poussière du meubles tv, il y a des tâches et des cheveux dans le lit et les couvertures puent la pisse. On a pas 50 solutions, on prend la chambre (en laissant les couvertures dans un coin) et on y reste le moins de temps possible! Cet arrêt est donc rapide mais néanmoins très beau! Des caves monumentales, un magnifique parc naturel, une belle petite rivière.. Après tant d’aventures on avait bien besoin de retrouver un peu de nature! On fait de la descente en tyrolienne et je me retrouve à me baigner au fond d’une cave où les murs dégoulinent d’argile. Je plonge la tête la première dans mon bain de boue. Je ne vois plus rien mais ça fait du bien d’avoir 5 ans.

Après cet épisode, nos galères ne sont pas finies. A présent la moto nous lâche toutes les 200 bornes. On arrive à quitter Phong Nha mais sur la route vers le nord, elle nous refait un coup de mou et nous plante au beau milieu de nulle part. On la pousse jusqu’à tomber sur un garage qui fait pire que mieux et qui nous pète le démarreur puis jusqu’à un deuxième. C’est encore le matin. On espère repartir vite. Le gars bidouille, bidouille 2, 3, 4 bécanes de Viets qui repartent aussitôt puis rebidouille encore la nôtre jusqu’à la tombée de la nuit où il nous annonce qu’il lui faut une pièce mais que le magasin vient de fermer… On est un peu sur le cul. On lui dit qu’il n’y a rien autour de nous pour dormir et qu’on a vraiment pas envie de dormir dehors… Il nous invite donc gracieusement à passer la nuit chez lui. Notre visa se termine bientôt et il nous reste 3 étapes à faire mais on a pas le choix et on le suit!

Chez notre garagiste ce sera encore une étape bien folklorique! Il parle très peu anglais mais on arrive à se comprendre à peu près. Aurel part chercher quelques bières pour l’apéro, nous ne sommes que 3, sa femme ne boit pas mais à notre grande surprise il sort 4 verres. Aurel en rigolant demande si c’est pour sa petite de 8 ans et effectivement!! Le petit voisin du même âge se ramène et lui aussi est à la bière! On est encore une fois sur le cul mais ce n’est toujours pas fini. Quand sa femme se ramène avec le bébé d’un an et demi la petite fille lui fourre son verre dans les mains et lui aussi y va joyeusement! C’est surréaliste! On boit l’apéro avec les gosses! On ose cela dit pas trop dire grand chose… Notre nuit sera quant a elle aussi mouvementée.. On dort sur des planches de bois surmontées d’une natte en paille dans le salon et des cafards de 4 cm tombent du plafond régulièrement. Quand on soulève la natte on se rend compte qu’ils grouillent en dessous de nous alors on ferme les yeux très fort, on respire et on essaye de ne pas y penser… J’ai du dormir 3h à tout casser.

Le lendemain la moto repart enfin pour quelques kilomètres avant de nous lâcher une nouvelle fois. Cette fois on pète un plomb. On essaye de la refourguer au milieu de nulle part mais le garagiste suivant veut nous en filer 15 dollars… Par bonheur il arrive finalement à nous la redémarrer et on décide, tant qu’elle avance, de filer direct vers Hanoi pour la revendre tout de suite plutôt que d’aller à Ha Long comme on avait prévu.


C’est donc triomphants que nous arrivons à Hanoi! Pleins d’espoirs de la revendre vite. Malheureusement, il y en a une en vente à chaque coin de rue et personne qui n’en a besoin dans l’immédiat. On arrive quand même à la refourguer à un garage revendeur in extremis.
 C’est ainsi que s’achève notre traversée du Vietnam, en Honda Winaz qui porte définitivement bien son nom, après environ 2600 bornes dans les roues!
 Après quelques jours à visiter la capitale nous partons en bus vers la belle baie d’Ha Long.

Ce qui pourrait être un des plus beaux endroits à voir du Vietnam est malheureusement aujourd’hui complètement pourri par le tourisme. Les agences se battent pour te refiler des tours en bateaux à des prix faramineux, il y a des travaux partout, des constructions d’hôtels de luxe de 50 étages qui empêchent de profiter de la vue sur la baie. On passe à travers des arnaques (et parfois pas) chaque jours, plusieurs fois par jours même. On doit se méfier de tout, de tout le monde. C’est assez compliqué à gérer. 

Un exemple tout con venant d’Ha Long : on loue un scooter pour aller visiter les environs par nous même, arrivés dans une petite ville juste au dessus, on a un besoin urgent d’essence alors on cherche, on tourne, on demande à quelqu’un où aller mais il nous répond qu’ici il n’y a pas de station service… On continue, on va vers d’autres personnes, on nous dit la même chose mais que pour 100.000 VND (5 dollars) il ramène deux litres qu’il va chercher lui même (parce qu’ici l’essence est bizarrement plus chère…mmm..). On a pas 50 solutions, on est à deux doigts de tomber en rade donc on accepte en se disant que si c’est vraiment loin, ça peut compenser le prix exorbitant. Le mec revient 3 min après… Je lui dis qu’il se fout de nous mais trop tard il ne veut rien entendre et effectivement on tourne le coin de la rue et la station est la… C’est évidemment des détails mais chaque jour, depuis la moitié nord du pays, ne pas pouvoir baisser sa garde, ça devient pesant…

La baie en elle même reste magnifique à voir. Il faut cela dit pour en profiter, aller faire un tour en bateau au milieu de ces immenses rochers qui se détachent de la brume. On parvient à trouver l’endroit où les prix sont corrects, c’est à dire le port où vont directement les Viets et non les touristes. La demoiselle essaye malgré tout de nous faire pays 6 fois le prix normal prétextant que son bateau est vide et qu’il faut payer le conducteur et l’essence mais nous voyant partir elle se ravise et nous nous retrouvons (pas seuls du tout en fait) au milieu de nulle part dans la baie pendant quelques heures. Là on se relaxe un peu après tant d’histoires à gérer. Pas trop longtemps non plus car le tour qu’on nous a vendu pour 4h n’en fera finalement que 3 dont une demi heure à attendre un couple qui s’est perdu dans une grotte… mais bon…

Nous reprenons dès le lendemain un bus en direction de notre dernière (mais pas la moindre) destination Vietnamienne, Sa Pa! Et cette fois nous ne sommes pas décus! De sublimes vallées parsemées de rizières cultivées en terrasses et des communautés de minorités ethniques adorables, qui semblent venir d’un autre âge. Les femmes Hmongs nous accompagneront pas mal durant ce séjour, elles sont partout, de la sortie du bus jusqu’à notre départ, parfois un peu pressantes de leur acheter des choses mais malgré tout très gentilles et assez fascinantes.
Leurs villages sont situés dans les montagnes et les hommes s’occupent de la maison, des champs, parfois même des enfants pendant que les femmes ramènent de l’argent à la maison.

Et puis arrive finalement le moment du départ, un arrêt de quelques heures à Dien Bien Phu avant de traverser la frontière. La dernière fois j’espère qu’on a l’impression d’être du bétail ou de la marchandise. On a malgré tout vécu de belles choses mais on est content de quitter ce pays qui nous aura coûté beaucoup (et pas qu’en argent).

La suite se passe au Laos où nous sommes déjà depuis une dizaine de jours! Rendez-vous bientôt!

 — with Noreal Aurelien in Vang Vieng, Laos

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